TORPEUR

École Nationale Supérieure d'Art et de Design, Nancy - sep < oct15

       De l'engourdissement qu'elle suggère, aux termes plus oppressants auxquels elle renvoie quand on la décompose, TORPEUR évoque un état qui se dégrade entre douce quiétude et sombre tourment. Diminués, le corps et l'esprit repliés se complaisent dans cette humeur où l'on s’oublie, où l'on se réfléchit et dont il est malaisé de s'extirper.

       Sur la toile, les méandres de l’âme se retranscrivent dans les variations du pli. Ce motif aux formes

non-définies, constitutif de toutes choses se décline par la figuration d'objets exécutés, faits drapés, fibreux, nébuleux, froissés, ondulés, obscurité. Tous les modèles empruntés au réel, auxquels il me faut me confronter pour les faire passer dans l’espace pictural apparaissent sur la toile dans leur frontalité au sein d’un environnement anonyme et intemporel. C’est par de subtiles variations de gris colorés, une palette réduite à trois pigments - terre d'ombre naturelle / bleu de cobalt / ocre jaune- et du blanc, que ces figures isolées s’expriment dans le fade. Révélé par le clair-obscur ou par le contraste entre lavis transparent et pâtés nets écrasants, le sujet exhibe son intériorité. Dans une composition déséquilibrée qui met en lumière le déclin et l’affaissement, les objets amorphes s'animent d'une nouvelle vie, celle de l'effacement.

      Par son aspect instable, éphémère et délicat, le pli incarne la caducité des choses, le temps qui s’écoule, le corps qui se meurt sans fin.

Péristyle

Petite Mienville

Galerie NaMiMa

Déploiement

Collège des Avrils, Saint-Mihiel - exposition personnelle, sep<oct14

REPLIS

Vent des Forêts, Meuse - résidence, mai<juil14

                / Pour le militaire retranché à l'arrière-front qui a creusé la terre pour s'y dissimuler ; espaces d'en dessous devenus abris précaires

                 / Pour le végétal, tentaculaire vivant autonome, réinvestissant au fil du temps ces blessures laissées béantes. Le renouvellement amène l’enfouissement, doux méandres que l'on n'identifie plus

                 / Pour ce processus d'immersion dans l'objet peint, se fondre ; d'itinérance, se confronter aux sujets dans leurs environnements pour les faire passer dans l'espace pictural

                / Pour la liberté laissée au temps et à la nature d'achever les toiles laissées en forêt.

Noël Varoqui, Replis, oeuvre en cours de réalisation, VdF 2014 © Arnaud Fuzelier

                                                                                                      Noël Varoqui, Replis, entretien avec l'artiste, VdF2014 ©Arnaud Fuzelier

 

NOCTURNE

Octave Cowvell, Metz - exposition personnelle, déc13

Nocturne

Exposition de quatre toiles de Noël Varoqui

Galerie Octave Cowbell en décembre 2013

 

A entendre les peintres ou à lire ceux qui parlent de peintures, la peinture serait un problème de lumière, pose le problème de la lumière, est une recherche non pas de la lumière mais de lumière, d’une certaine lumière, et selon les peintres, les lumières sont diverses. Il faut voyager, trouver la lumière, s’accorder avec elle, rechercher une certitude, et finalement délimiter le ciel convenant. Cette quête, et cet arrêt sur une image qui n’est pas peinte encore, est suivi du travail du peintre consistant alors à nommer sa lumière par sa peinture.

Dans les vitraux du Moyen Age gothique la lumière était théologiquement contrôlée. Le principe se résume en la transformation de la lumière blanche en lumière sacrée au moment de la traversée du plan de vitrail, cette modification conférant la sacralité intérieure, créant le lieu du sacré. Quant à la méthode, la sacralisation du raie de lumière traversant s’opère par la polychromie de l’iconographie théologique que la lumière blanche est amenée à traverser. Avant que cette diffraction de la lumière ne puisse s’opérer par et au travers des plages de verre colorié, - diffraction dont on pourrait dire qu’elle annonce celle de Newton- la lumière blanche est soumise à la séparation par le plomb. Le sertissage des éléments de verre par le plomb constitue une première et exclusive donnée ; la lumière peut traverser et traverse le vitrail là où il n’y a pas de plomb. En un premier dégrossissage de l’iconographie, l’hermétique plomb arrête la lumière, inscrit une séparation absolue entre lumière et non lumière. En ce cas la lumière est blanche et le noir saturnien est de plomb.

 

Dans son travail récent, d’avant Nocturne, Noël Varoqui crée le noir en peignant le blanc alentour, puis il peint un noir, non pas absolu mais infini, la réalisation de l’infinitude étant suggérée par une profondeur. Une fois le noir délimité par le blanc, il importe de peindre la profondeur du noir, de suggérer la profondeur par un graphisme sur limites, non pas un contour net mais échevelé. Pour suggérer la profondeur il faut un bord, une rive, et vers le centre cela ressemble à un trou sans fond. Noël Varoqui amène, introduit ses quatre toiles de Nocturne par une œuvre relaie antérieure, une toile intitulée Nid nov12, huile sur toile, 26,7x35 cm. Comparée aux grandes toiles, cette petite toile dénote, interpelle par sa présence en flagrante disproportion, jusqu’au moment où s’esquisse une réponse. La petite toile décrypte Nocturne.Ce Nid sans fond, trou sur l’infini tel un trou noir de l’astrophysique, ce trou nous avale. Ou alors, par spéculation, nous traversons le miroir pour surgir dans un monde autre, à la sortie, le monde peint de Nocturne, ou alors nous examinons le noir du Nid avec obstination, avec cette application propre à la Théorie du Chaos, et nous voyons l’invisible, en une multitude de facettes, de toiles, de fragments d’un monde merveilleux, enchanteur, lumineux dans son apparente noirceur. Noël nous a rapporté quatre de ces vues de l’ailleurs, de l’au-delà du miroir. En cela il s’inscrit pleinement dans la mission des grands peintres.

Jean-Marie HELWIG 

FUNERAL

Eglise des Trinitaires, Metz - galerie Octave Cowbell - exposition personnelle, déc13

Théâtre de Verdure

Galerie Artivia, Bouzonville - exposition personelle, déc12<fév13

dans la cour extérieure le temps du vernissage

dans l'espace d'exposition

POST MORTEM

Castel Coucou, Forbach - exposition personelle, juin<sep12

Une Nuit / Eine Nacht

Hotel de la Poste - exposition collective, 25juin12